
Je tourne la tête dans l’autre sens. Mais quelle
emmerdeuse celle-là ! On a pas idée d’être aussi gnangnan
avec les gens ! Bientôt elle va me demander « Tu veux bien
être ma copine ? » cette
courgasse…
Pitié,
éduquez vos enfants des fois… En plus, elle a l’air
plus vieille que moi, alors je vois pas pourquoi elle est si
coincée… Bah, tout le monde ne peut pas être sans-gêne comme
moi, faut croire. Ce cours a le don de m’ennuyer plus que
tout au monde. Laissez-moi sortir, je veux juste dormir, j’ai
raté mon hibernation. Je ne boirai plus jamais de vodka à
m’en rendre ivre morte, je le… DIS ! Ou alors
donnez-moi le droit de m’endormir sur ma
copie.
C’est
injuste et terriblement sadique de nous enfermer ici. Ouais, la
Fac, en gros, c’est un endroit froid qui pourtant se veut
maladroitement convivial, qui te force à apprendre des trucs dont
tu te fiche éperdument, et qui t’oblige à voir des gens que
tu ne peut pas supporter, mais qu’heureusement tu ne verras
pas plus de quelques années.
Déprimant,
hein ?

La fille brune, Cleo, fuit mon regard. Je crois que je lui fait
peur. Ca serait pas étonnant. Je suis un peu impulsive, et dotée
d’un caractère affreusement mauvais. En plus, mes yeux sont
noirs et impressionants, donc du coup, c’est vrai qu’au
premier abord je n’ai pas l’air très agréable. Enfin
peut-être que je ne suis pas agréable à chaque
abord.
Oui, ça doit
être ça.
J’ai
l’impression que la pendule en face de moi ne marche plus, vu
à quelle allure passent les aiguilles. Je m’ennuie comme un
rat mort. J’ai qu’une envie, que tout s’arrête.
Une minute de plus ici, et je m’effondre sur ma
table.
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